C’est pour moi l’un des incontournables d’un voyage touristique dans la Meuse ! Parfait l’été même quand il fait chaud, Vent des Forêts c’est 7 itinéraires piétons à faire au coeur d’une belle forêt meusienne, à la découverte d’œuvres d’art contemporain disséminées le long de votre parcours. On dégourdit ses gambettes, on alimente son esprit, le parfait combo nature-culture pour une sortie mémorable !
Le projet « Vent des Forêts »
Vent des Forêts est un projet qui voit le jour en 1997, sous l’impulsion du sculpteur François Davin. Il partage son idée avec le maire de la commune de Lahaymeix, celle d’inviter des artistes à proposer des œuvres en forêt, en lien avec le contexte local.
Depuis, ce sont plus de 250 œuvres qui ont été produites – chaque année, la collection s’étoffe de quelques œuvres. On peut en admirer 150 aujourd’hui, dispersées dans plus de 5000 hectares de forêt, domaniale ou communale.

Les artistes viennent plusieurs semaines en résidence sur site, où ils peuvent imaginer, concevoir et construire une œuvre cohérente avec le site et respectueuse de la forêt.
Vent des Forêts aussi un projet associatif, avec notamment 120 bénévoles engagés toute l’année, notamment aux côtés des artistes dans la fabrication et l’installation de leurs productions.
Infos pratiques
Pour découvrir les œuvres, 7 parcours d’1h à 4h30 de marche ont été balisés, entre 4 communes meusiennes : Lahaymeix, Dompcevrin, Fresnes-au-Mont et Pierrefite-sur-Aire. On est à 35 minutes de Verdun et de Bar-le-Duc, 1h30 de Nancy.
Les parcours ne présentent pas de difficulté particulière et peuvent être effectués en famille. C’est vallonné par endroit, mais jamais très longtemps en montée.


Pensez à prendre de bonnes chaussures tout de même, car le terrain peut être boueux selon la météo des jours précédents. Des vêtements couvrants ne sont pas non plus de refus, car il faudra parfois vous faufiler entre des buissons ou des herbes hautes.
A noter tout de même, il n’y a pas (ou peu) d’endroits aménagés de type aire de pique-nique. Faites aussi attention aux tiques : il y en a dans la région. Toujours bien s’inspecter le soir au retour de votre balade !
Un plan-guide est édité chaque année avec les parcours et l’emplacement des œuvres. Il est à retrouver dans les offices de tourisme, sur la porte de la mairie de Fresnes-au-Mont ou dans une boîte sur la façade du café Vent des Forêts à Lahaymeix.
Rendez-vous également sur le site web de Vent des Forêt pour toutes les informations utiles.
Les œuvres d’art
Parlons à présent des œuvres d’art. La forêt est un univers qui se prête bien pour laisser vagabonder son esprit, et on découvre au fil des parcours la large palette d’inspirations qu’elle a suscité chez les artistes.
Les créatures de la forêt
Pour certain(e)s, la forêt est un univers peuplé de créatures, des plus réalistes ou plus fantastiques. Je pense au « géant pétrifié », réalisé en pierre de Savonnières-en-Bar (à quelques dizaines de kilomètres) de Stefan Rinck, le long du plus petit parcours[1], ou encore à « Hannibal », le mammouth aux écailles de Marina Le Gall (2016).

Les œuvres engagées et mémorielles
Même si elles ne sont pas majoritaires, on trouve aussi des œuvres qui font écho à l’histoire de la Meuse, prise au cœur de la 1ère guerre mondiale. J’avais été particulièrement touchée par l’œuvre « L’Exode » de Joël Thépault, avec ses voitures semi-enterrées. Elle évoque le départ en hâte des habitants des villages s’étant retrouvés au milieu du conflit.

L’œuvre « Immigrare I » de Sanaz Azari, rend quant à elle hommage aux personnes contraintes de migrer à cause des conflits de leurs pays. Des paires de chaussures, de toutes formes et tailles, sont alignées sur plusieurs rangées, rappelant ces longs convois de personne fuyant leur terre en quête d’un lieu sûr.
Une autre œuvre qui me plaît beaucoup est le fer à marquer géant portant l’inscription « Keep warm, burn out the rich » (restons au chaud, brûlons les riches), de Nøne Futbol Club (2017). Cri anticapitaliste, cette œuvre fait écho aux manifestations ayant eu lieu à Athènes en 2008 en réaction à la crise économique et a plusieurs scandales de corruption politique.

Voyages lointains… depuis la Meuse
Certaines œuvres nous transportent, évoquant des contrées lointaines, des totems de tribus sauvages. Des forêts de Meuse aux forêts africaines ou amazoniennes… il n’y a peut-être qu’un pas !

Je pense notamment au masque géant de Théodore Fivel, intitulé « Salut pour tous, encore des agapes à moratoire orphique » (2012) ou encore à « Saphira » de Claudia Comte (2010).

Prendre de la hauteur
Et si je vous disais qu’on peut même grimper sur des œuvres ?
Le long de vos parcours, vous tomberez peut-être sur l’une des deux « Tourelles d’Y voir » d’Erik Nussbicker, qui permettent de s’asseoir à plusieurs mètres du sol pour un petit moment méditatif et contemplatif.


Les Maisons sylvestres
Le projet Vent des Forêts ne s’arrête pas là. Dans les bois épais ont aussi été construites des « Maisons sylvestres », cabanes aux accents contemporains conçues par la designeuse matali crasset.

On peut donc dormir sur place et continuer l’immersion dans la forêt meusienne le temps d’une nuit… qui sait si quelques créatures fantastiques ne viendront pas peupler vos rêves ?!
Infos et réservations en suivant le lien.
Conclusion
J’ai eu un coup de cœur pour Vent des Forêts, dès mon arrivée en Meuse. J’ai pu expérimenter 3 de ses 7 parcours, en automne comme en été, entre 2021 et 2025.
J’aime sa dimension contemporaine et joyeuse dans un territoire où les sites touristiques les plus connus sont liés à la 1ère guerre mondiale (bonjour l’ambiance !), ce qui permet vraiment de faire évoluer l’image grise et triste de ce département.

J’aime bien sûr sa dimension locale, ancrée dans le territoire et associative. Pas un projet parachuté d’en haut, mais pensé par et avec les gens du cru. En plus, c’est un projet vivant et évolutif – une bonne occasion d’y revenir à chaque passage en Meuse !
Bref, vous l’avez compris, hors de question de passer dans l’Est sans vous arrêter y faire un petit tour 😉
Cet article a été écrit dans le cadre du rendez-vous mensuel « En France Aussi », qui portait sur le thème « En Pleine Forêt » en ce mois de novembre 2025. Chaque mois, les blogueurs et blogueuses du collectif qui le souhaitent publient un article en lien avec le thème et qui met en lumière une destination française.
Retrouvez les autres articles en parcourant la carte ci-dessous (à venir) :
[1] Le titre exact de l’œuvre est : « One of those who were too long in the woods » (2010).
L’oeuvre en couverture s’intitule Lucus Solorum, d’Antoine Liebaert, 2020.
Et si l’on restait en Meuse ?
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