La Sicile sans voiture : 10 jours entre Palerme et Trapani

paysage, vue du golfe de Mondello depuis Capo Gallo

En ce début d’année 2025, j’ai décidé de réaliser un projet que j’avais depuis longtemps dans les cartons : aller en Sicile en train ! Les photos de ses paysages magnifiques, de son architecture majestueuse et quelques lectures m’avaient en effet convaincue d’aller visiter cette grande île italienne. Il m’a fallu un peu d’organisation mais j’ai finalement poussé le vice encore plus loin : passer 10 jours dans le nord-ouest de la Sicile sans louer de voiture. Je vous raconte ici ce périple, avec toutes les informations pratiques pour planifier, à votre tour, votre escapade en Sicile !

Sommaire

  1. Aller en Sicile en train, c’est possible !
  2. Découvrir Palerme, capitale de la Sicile
    1. Les parcs et jardins de Palerme
    2. Une architecture aux influences multiples
    3. Les marchés de Palerme
    4. Quand il pleut à Palerme, se réfugier au musée
  3. Rayonner autour de Palermo : Mondello, Monreale, Cefalù, Gibellina et la Réserve dello Zigaro.
    1. Mondello
    2. Monreale
    3. Cefalù
    4. Gibellina – musée d’art en plein air
    5. La Riserva dello Zingaro – 1ère réserve naturelle de Sicile
  4. Visiter Trapani et ses environs
    1. Trapani et les salines
    2. Les îles Égades : cap sur Levanzo
    3. Erice
    4. Retour en France… par la Catalogne
  5. Quelques bonnes adresses
  6. Conclusions
    1. On reste en Italie ?

Aller en Sicile en train, c’est possible !

A chaque fois que je disais à des gens que j’allais en Sicile en train, je voyais leurs sourcils se froncer : « Mais… il n’y a pas un bout de mer à traverser ? » Oui, bravo, vous maîtrisez votre géographie, mais c’est sans compter sur l’ingéniosité des Italiens qui ont compris qu’on pouvait mettre les wagons d’un train sur un ferry… et voilà !

Concrètement, comment ça se passe ?

Je venais de Milan où j’étais allée rendre visite à un ami et je suis arrivée vers 21h30 à Rome par l’intercité. Après un bon plat de pâtes « alla gricia » dans le bar Binario Zero juste à côté de la gare Termini, j’ai embarqué vers 23h30 à bord du train de nuit en direction Syracuse.

Comme en France, il est possible de voyager en couchette « dames » et les wagons comportent un WC mais aussi un petit espace « lavabo », histoire de se rafraîchir avant la nuit ou au réveil. À la différence de notre pays, les compartiments comptent seulement 4 couchettes, ce qui permet aussi de voyager assis pendant les phases de voyage de jour – et c’est plutôt pas mal !

Je n’ai pas grand-chose à vous raconter de ma nuit dans le train puisque j’ai bien dormi. J’adore m’endormir bercer par le bruit et les petits mouvements du train et mes compagnonnes de wagon ont été très calmes. Vers 7h, nous sommes arrivées à Villa San Giovanni, cette ville de Calabre de laquelle le train embarque pour la Sicile.

Des habitués descendent là, car ils savent que c’est plus rapide de prendre directement le bateau par leurs propres moyens. En effet, le transbordement du train sur le bateau et sa descente sont assez longs. Il faut presque 2h entre Villa San Giovanni et Messine, alors que la traversée en elle-même ne dure que 30 minutes.

La contrôleuse apporte le petit déjeuner – oui, en Italie, c’est compris dans le prix de votre billet ! Café, jus de fruit et au choix, snack sucré ou salé. Puis, une fois le train, en deux morceaux, chargé dans le ferry, j’ai pu descendre et monté à l’étage, pour voir un peu le paysage et me dégourdir les jambes.

wagons dans le ferry
Les wagons dans le ferry

Un peu avant 9h, je suis descendue du train à Messine, car je partais en direction de Palerme (nord-ouest) tandis que la ligne poursuivait son chemin vers le sud. Je ne vous parlerai pas beaucoup de Messina, puisqu’il pleuvait des cordes et que je suis seulement allée voir la Cathédrale – très belle, soit dit en passant, avec sa charpente peinte – et prendre un cappuccino, avant de revenir à la gare et poursuivre mon voyage vers Cefalù (dont je vous parlerai un peu plus loin) et Palerme.

cathédrale de messina
La Cathédrale de Messine, sous la pluie !

Découvrir Palerme, capitale de la Sicile

Palermo est accessible par le train, depuis Messina et Agrigento. Elle est aussi desservie par plusieurs compagnies de bus, y compris depuis l’Italie, à l’image de Flixbus qui organise des trajets depuis Rome ou Florence. La capitale de la Sicile compte aussi un aéroport : l’aeroporto Falcone e Borsellino.

Il faudrait bien un article entier pour parler de Palermo et vanter ses mérites. Je vais partager ici surtout mes coups de cœur. J’ai posé mes valises pour 6 jours dans cette ville puis j’ai rayonné à partir de là. Je voulais prendre le temps de m’imprégner un peu de l’ambiance de la ville.

Les parcs et jardins de Palerme

Ce qui m’a le plus surpris, et ravi, à Palermo, est le fait que la plupart des grandes places de la ville sont en fait des parcs, des jardins somptueux avec leurs hauts palmiers, leurs fontaines et leurs ficus macrophylla, ses arbres improbables dont les branches deviennent lianes et rejoignent le sol.

le ficus macrophylla monumental de Piazza Marina

Je pense notamment à Piazza Marina (Jardins Garibaldi) et à Piazza Vittoria (Villa Bonanno), aux extrémités de la Via Vittorio Emmanuele, une des artères principales du centre-ville. Je n’ai pas pu visiter le parc Villa Giulia (fermé pour chute de branches après des intempéries), mais j’ai aussi beaucoup aimé l’Orto Botanico (jardin botanique) situé juste à côté.

A voir aussi, un peu plus excentrés : le parc du Château de la Zisa avec ses fontaines en cascade, ou le Jardin anglais (Parco Piersanti Mattarella).

Une architecture aux influences multiples

Un chauffeur de bus qui discutait avec une touriste suédoise lui a dit « Vous savez, tous les peuples sont passés par la Sicile, il y a eu beaucoup de mélanges, c’est pour ça que nous sommes plus forts : les Siciliens sont un alliage, comme l’acier. »

En dehors de l’ADN des Siciliens, on peut aussi voir dans l’architecture de Palerme les multiples influences culturelles des peuples qui l’ont façonnée. Des églises radicalement différentes se côtoient, à l’image de la baroque Santa Caterina d’Alessandria faisant face à la Martorana et à San Cataldo, avec ses coupoles rouges lui donnant des airs d’Orient. La plupart des églises sont payantes, autour de 2 ou 3 euros l’entrée. En revanche, après en avoir visité une, vous obtiendrez une réduction sur les suivantes (et leur beauté en vaut la peine).

Bien sûr, la pièce maîtresse de l’architecture palermitaine, c’est le Duomo – la cathédrale, imposante et élégante, dont on pourrait passer des heures à observer les moindres petits détails. L’entrée dans le Duomo est gratuite.

Parmi les belles architectures de Palerme, vous passerez sans doute sur la place des « Quattro Canti » avec ses façades en arc de cercle, et toute proche, la Fontana Pretoria. Les théâtres Massimo et Politeama sont aussi remarquables. Pour y entrer, n’hésitez pas à regarder la programmation proposée lors de votre séjour… pour ma part, je suis allée voir un concert de musique classique au Teatro Massimo pour une vingtaine d’euros.

Le Duomo de Palermo
Le Duomo de Palermo

Ensuite, je ne peux que vous conseiller de simplement lever les yeux lorsque vous marchez dans le centre-ville pour découvrir ça-et-là de jolies pépites architecturales !

Les marchés de Palerme

Que serait une ville méditerranéenne sans ses marchés haut en couleurs ? Je recommande surtout le marché de Ballarò (mercato di ballarò) qui s’étend dans une ensemble de rue allant de la Via Porta di Castro jusqu’au Corso Tukory. Il semble ne jamais finir. C’est le paradis de la street food (miam miam les artichauts panés et frits) mais on y trouve aussi des fruits, légumes, fromages, poissons et viandes, ainsi que quelques boutiques de souvenirs.

On parle aussi souvent du marché de la Vucciria. Il se trouve sur la Piazza Caracciolo et dans la via Maccherronai. Il est plus petit mais il y a une belle ambiance, avec de nombreux petits restaurants également. J’y ai goûté les panelle et les crocché : galettes de pois chiches frites et croquettes de pommes de terre.

Quand il pleut à Palerme, se réfugier au musée

Bien sûr, Palermo offre aussi une série de musées intéressants à découvrir. Le temps étant particulièrement capricieux lors de mon séjour en Sicile, j’ai eu le loisir d’en découvrir plusieurs.

Mon préféré a été le Musée des Marionnettes, près de Piazza Marina. On y découvre la longue tradition sicilienne (et napolitaine) du théâtre de marionnettes, et une importante collection de marionnettes provenant du monde entier. Avec un billet d’entrée à 10 euros, on peut même assister à un spectacle d’environ 40 minutes, assuré par Luciano et sa famille (en italien). Bon moment garanti !

J’ai aussi visité le No Mafia Memorial (le long de la Via Vittorio Emanuele) un musée dédié à la mafia pour rappeler les grands épisodes ayant marqué l’histoire de la Sicile contemporaine et ne pas oublier les nombreuses victimes. Il est totalement gratuit mais un petit don est apprécié. Un parcours « Emotions 3.0 » est accessible à deux moments de la journée (se renseigner à l’accueil) et nous plonge dans l’angoisse des décennies 1970-1990, pendant lesquelles une importante lutte contre la criminalité organisée a suscité des représailles sans précédent, et ce sont plus d’une centaine de politiques, représentants des forces de l’ordre, juges et magistrats, journalistes, ainsi que leurs familles et des civils qui ont trouvé la mort dans des attentats parfois spectaculaires. On en ressort marqués !

Il m’a manqué un peu de temps car j’aurais aimé visiter aussi le Palazzo Abatellis, déjà parce qu’il a été restauré par Carlo Scarpa, architecte dont j’aime beaucoup le travail, et aussi parce qu’il accueille une grande collection d’art et d’archéologie.

Rayonner autour de Palermo : Mondello, Monreale, Cefalù, Gibellina et la Réserve dello Zigaro.

Mondello

Mondello fait partie de la commune de Palerme : c’est un quartier chic de villégiature avec une longue plage à l’eau cristalline aux allures de crique, entre deux imposants sommets.

le charleston
le Charleston

Sur le bord de mer, on tombe sur un élégant bâtiment, posé sur des pilotis. Il s’agit du Charleston, ancien établissement balnéaire de style art nouveau. Il accueille un restaurant aujourd’hui. En remontant vers le nord, on arrive sur la place centrale de Mondello, avec sa jetée et sa petite église blanche. On s’imagine bien ici au début du 20ème siècle, avec des familles bourgeoises qui paradaient dans leurs plus beaux vêtements lors d’une passeggiata (promenade de fin d’après-midi) en bord de mer.

Petite église et eau cristalline à Mondello
Petite église et eau cristalline à Mondello

J’ai randonné depuis Mondello. Il suffit d’écrire « Semaforo borbonico » sur Google Maps et de suivre le chemin qu’il vous indique. Vous devrez passer un portail (ouvert) au niveau de la Via del Semaforo mais pas d’inquiétude, vous êtes dans votre bon droit. Ça monte raide, surtout au début lorsque vous quittez la ville, mais ça se calme ensuite. Rien d’insurmontable, même sans avoir beaucoup d’entraînement.

Vous longerez aussi l’impressionnant quartier de Pizzo Sella – un exemple typique d’opération immobilière inachevée car construite dans un endroit où il n’était pas permis de le faire. Une collection de ruines de béton, comme collées à la montagne.

On atteint le sommet du Mont Gallo en un peu plus d’une heure (j’ai mis 2h30 aller-retour). En arrivant en haut, un chemin sur la gauche vous conduit jusqu’au Semaforo, une sorte de tour de guet. Elle est a priori habitée par un artiste-ermite, et j’ai lu dans plusieurs articles qu’on peut aller à sa rencontre et lui apporter quelque chose à manger. Pour ma part, je me suis approchée du bâtiment mais des chiens montaient la garde, je ne suis pas allée plus loin.

Vue sur le Golfe de Mondello
Vue sur le Golfe de Mondello

Si au lieu de bifurquer à gauche, vous continuez tout droit, vous arriverez à une vue imprenable sur Mondello. J’ai pique-niqué là (assise sur un rocher, il n’y a pas de tables) et l’un des chiens rencontrés plus tôt est venu (paisiblement) me tenir compagnie. J’étais complètement seule, même si j’ai ensuite croisé d’autres marcheurs en redescendant.   

Monreale

Lors d’une journée pluvieuse, je suis allée passer la matinée à Monreale, une destination facilement accessible lors d’un séjour sans voiture en Sicile.

J’avais surtout entendu parlé du Duomo. L’entrée dans la cathédrale est gratuit, même si vous devez passer devant la billetterie pour entrer (car certaines parties, comme le cloître, sont payantes). Comme à Messine, on peut y admirer une magnifique charpente peinte. Les peintures sur les murs sont magnifiques. On peut s’amuser à reconnaître les scènes de la Genèse (Bible) sur les parois au-dessus des colonnes : la rencontre d’Adam et Eve, la création du monde, l’arche de Noé…

J’ai tout de même parcouru un peu les rues du village après le tour dans le Duomo et je me suis arrêtée dans un café pour goûter quelques sablés locaux.

Cefalù

Dès mon arrivée, à la mi-journée, je me suis mise en quête d’un restaurant et je me suis arrêtée à Tinchité, pour goûter la « pasta a taianu », un plat de pâtes à la viande effilochée, aux aubergines et au fromage, cuit dans un plat en terre cuite. Puis mon premier cannolo sicilien du séjour en dessert. Tout était très bon, et surtout copieux, dans une ambiance taverne sympa.

Vue de Cefalù depuis la jetée, vieilles maisons à l'ombre d'un gros rocher
Cefalù depuis la jetée

Le centre historique est en arêtes de poisson autour du Corso Ruggiero. Le point de vue « carte postale » sur le village se situe depuis la jetée à l’ouest. On y accède en passant par la Porta Pescara. Les maisons blanches ont pour arrière-plan un imposant rocher qui les protège. A proximité, il est possible de voir le lavoir médiéval donnant sur la mer.

Le Duomo di Cefalù domine une jolie place, où j’aurais sûrement pris une glace si je n’avais pas tant mangé avant. Sa position en surplomb ajoute encore à sa majestuosité. L’intérieur est plutôt sobre. Ici, pas de charpente peinte.

Par temps sec, vous pouvez monter sur le rocher, par le Parco della Rocca, pour avoir de beaux points de vue sur Cefalù et voir les ruines du temple de Diane.  Ce jour-là, c’était fermé à cause des intempéries (le sentier doit être glissant). En alternative, j’ai pris la Via Candeloro. Après le grand virage, on a une belle vue sur le port de Cefalù et les faraglioni, de gros rochers aux formes étranges.

Enfin, même si je ne l’ai pas fait, sachez que depuis le centre-ville, il est possible de descendre sur la promenade du bord de mer (lungomare) de Cefalù, qui s’étend sur près de 2km depuis la Piazza Cristoforo Colombo.

Gibellina – musée d’art en plein air

Voilà peut-être la sortie la plus insolite de mon séjour !

Gibellina est situé dans la Vallée du Belice, touchée par un important séisme en 1968. Le village détruit est reconstruit à presque 20 km de l’ancien (moins à vol d’oiseau, mais la route est sinueuse) ! Ça m’a évidemment fait pensé à l’Irpinia

Le maire de l’époque fera venir de nombreux artistes pour reconstruire le village. L’artiste Alberto Burri s’intéresse lui au vieux village détruit, et réalise une œuvre monumentale et unique : le Creto. S’inspirant d’un sol craquelé (par la sécheresse par exemple), il réalise un moulage géant des gravats des maisons, et retrace, à l’intérieur, des rues (certaines correspondant aux rues principales du village.  Un lieu qui laisse sans voix !

La visite de Gibellina Nuova (la ville nouvelle) ravira aussi les amoureux d’art contemporain. Les artistes invités à aider la reconstruction de Gibellina ont laissé en héritage de nombreuses œuvres d’art, qu’on retrouve à chaque coin de rue.

L’église mérite aussi qu’on s’y attarde ; elle a été conçue par l’architecte Ludovico Quaroni. Elle était fermée lors de mon passage. La sphère géante est en fait « vide à l’intérieur », c’est le chœur de l’église. On trouve aussi un petit espace pour les confessions, à l’extérieur, et un amphithéâtre sous la sphère.

chevet de l'église de Gibellina nuova : sphère géante et amphithéâtre
l’église de Gibellina Nuova

Enfin, deux musées sont à visiter. J’ai opté pour le MAC – Musée d’Art Contemporain. On retrouve une collection très fournie d’art contemporain – comme son nom l’indique – et aussi une salle avec les maquettes des œuvres monumentales qui sont disséminées dans la commune. J’ai aussi beaucoup aimé les peintures de Mario Schifano. On peut y passer facilement 1h30 – 2h.

Si l’histoire de Gibellina vous intrigue et/ou si vous avez prévu d’y aller, j’ai écrit un article entier rien que sur elle : à lire ici.

La Riserva dello Zingaro – 1ère réserve naturelle de Sicile

Cette réserve est souvent décrite (dans les guides et sur les blogs) comme un incontournable de la Sicile et, comme j’aime beaucoup marché dans la nature avec des vues sur la mer, j’ai cherché activement comment m’y rendre, malgré l’absence de transport en commun à cette période de l’année.

Scopello est un tout petit village. Depuis la rue (sans nom) où se situe la Bottega di Beppe, je suis descendue – après un petit café de rigueur sur la place – jusqu’à la Tonnara, par un petit chemin piéton à travers un champ fleuri.

La Tonnara de Scopello : vue d'en haut de l'ancien port de pêche de thon, rochers détachés dans la mer
La Tonnara de Scopello

Le site de la Tonnara est un ancien port où l’on pêchait le thon. Il était officiellement fermé au public à ce moment-là, surveillé par des caméras, mais les italiens en vacances se frayaient tout de même un passage pour y descendre. Je me suis contentée d’observer le site, avec ses faraglioni – rochers détachés dans la mer – depuis la route un peu plus haut.

Il m’a fallu ensuite environ 30 minutes de marche pour rejoindre l’entrée sud de la Réserve. L’entrée nord se situe quant à elle du côté de San Vito Lo Capo, mais est beaucoup plus distante du village. L’entrée dans la réserve coûte 5 euros. Munis du plan, vous pouvez ensuite choisir quel chemin parcourir entre le haut, le milieu ou le bas de la côte. Le chemin le plus facile est celui du bas, il fait 7km jusqu’à l’entrée nord et il donne accès aux différentes criques.

le tunnel à l'entrée de la réserve dello Zingaro
le tunnel

Au début de la réserve, vous emprunterez un tunnel. Il marque le début d’un projet de construction d’une route, qui a suscité une importante mobilisation citoyenne au début des années 1980. Opposés à ce projet routier qui aurait irrémédiablement endommagé le paysage et la biodiversité des lieux, les citoyens ont obtenu gain de cause et la Riserva dello Zingaro a été créée. Elle est devenue la première réserve naturelle de Sicile.

J’ai parcouru une partie du sentier bas, en passant par le petit espace muséal sur la faune et la flore. Ce chemin ne présente pas de difficulté particulière. Si vous emportez le pique-nique, vous pourrez déjeuner comme moi sur l’une des petites plages en contrebas. J’ai apprécié cette marche paisible au sein d’une nature verdoyante, au pied d’imposants rochers, dans un calme absolu.

J’ai regretté de n’avoir pas eu davantage de temps sur place. Je devais rejoindre Enrico vers 15h30 à l’entrée de la réserve pour revenir sur Castellammare del Golfo et reprendre un bus pour Palerme. J’ai d’ailleurs par précaution rebroussé chemin un peu tôt et je suis arrivée en avance au point de rendez-vous. Enrico était aussi en avance et nous sommes repartis vers la ville.

La contrepartie est que j’ai eu le temps de faire un petit tour dans Castellammare del Golfo, qui aurait même mérité une visite plus longue. Son port est charmant, dominé par un château et un par un centre historique regroupé sur un promontoire. La grande place Petrolo offre une large vue sur la mer également.  

Castellammare del Golfo
Castellammare del Golfo

J’ai ensuite rejoint la gare routière de Castellammare del Golfo (via Repubblica), et retour à Palerme pour la dernière nuit du séjour dans la capitale sicilienne.

Visiter Trapani et ses environs

Trapani et les salines

Après Palerme, j’ai posé mes valises pour 3 nuits à Trapani.

Le cœur historique de Trapani se situe entre le parc de la Villa Regina Margheritta et la Torre di Ligny. Les immeubles arborent tous une couleur beige qui crée une belle harmonie. On peut suivre son instinct et se perdre dans les ruelles. Au niveau de la tour de l’horloge (torre dell’orologio) démarre le Corso qui vous portera jusqu’à l’extrémité ouest de la ville, en passant devant la cathédrale San Lorenzo. La lumière qui entre à la fin du jour dans la nef magnifie la couleur pastels des enduits.

Le Corso Vittorio Emanuele devient ensuite la via Carolina, qui se termine au niveau d’une place appelée « Piazzetta del Tramonto » car c’est un très bon spot pour admirer le soleil couchant. On y voit aussi le profil des îles Égades, dont je vous parlerai un peu plus loin. En remontant vers le nord, vous arriverez à une jetée qui se termine par une tour, fraîchement restaurée : la Torre di Ligny. Le nom n’a pas manqué de me faire sourire mais, a priori, aucun rapport avec la ville de Ligny-en-Barrois, dans la Meuse, où j’ai passé deux ans de ma vie !

la tour de Ligny à Trapani en Sicile, au coucher du soleil
Torre di Ligny

J’ai aussi beaucoup apprécié me balader sur les remparts qui ferment la ville au nord. Une petite portion peut-être parcourue entre la jetée et Viale delle Sirene, puis une autre de Via Botteghelle jusqu’à l’ancien marché aux poissons, un beau bâtiment à arcades. Ensuite, en suivant la côte, s’égrènent de nombreuses plages, desservies par une belle piste cyclable protégée de la route.

Au sud de Trapani se trouvent des salines. On peut les admirer depuis Via Libica, qui descend vers Marsala. Selon les saisons, les couleurs sont changeantes, atteignant parfois des couleurs rouges et rosées (mais pas au printemps, dommage pour moi !).

Pour s’y rendre, il n’y a pas de transport en commun. J’ai loué auprès de mon b&b un vélo et j’ai roulé jusqu’au moulin Maria Stella situé au croisement avec la via Carlo Messina. Il y a en effet une piste cyclable – plus ou moins entretenue – qui permet d’y arriver sans danger. En revanche, tous les chemins qui partent dans les salines sont interdits aux visiteurs.

salines et moulins à vent, fleurs jaunes
Le Moulin Maria Stella

Plus au sud, il y a un Musée du Sel, mais la piste cyclable n’est pas continue jusque là-bas, je ne m’y suis donc pas aventurée, me contentant de photographier le joli moulin, les bassins et les petites fleurs jaunes qui poussaient autour.

Profitant d’avoir un vélo me permettant d’aller un peu plus vite qu’avec mes seuls pieds, je suis aussi allée voir la Basilica Santa Maria dell’Annunziata, située dans les quartiers plus récents de Trapani, dans laquelle on peut admirer « la Madonna di Trapani », une belle statue de la Vierge Marie attribuée au sculpteur Nino Pisano, que plusieurs Siciliens m’avaient recommandé d’aller voir.

vue sur les remparts de Trapani
Les remparts de Trapani

Les îles Égades : cap sur Levanzo

Pour mon deuxième jour à Trapani, j’ai décidé de prendre le bateau. En effet, les îles Égades sont toutes proches. Elle est composée de trois îles, la plus connue étant Favignana. Comme j’aime bien ne pas faire comme tout le monde, j’ai opté pour l’île de Levanzo, plus petite, mais que j’allais pouvoir arpenter (presque) dans sa totalité le temps d’une journée.

Le village de Levanzo, où accoste le bateau, est un petit bourg de maisons blanches entourant une crique. L’eau y est bleu clair, on se croirait débarqué au paradis. J’y suis arrivée vers 9h30 – avec quelques locaux. J’avais téléchargé une carte des sentiers qui m’a été bien utile, je me suis aussi aidée de Google Maps, car il y a très peu de balisage sur place. Il n’y a pas non plus une infinité de chemins, donc pas de panique, vous ne vous perdrez pas.

vue d'ensemble du village de Levanzo dans les îles Égades
le village de Levanzo

Après un café au bar Romano, dont la terrasse surplombe le port, je suis partie au nord direction le phare de Capo Grosso. Il était en travaux et je n’ai pas cherché à entrer à l’intérieur. Dès ma sortie du village, par une raide montée, je n’ai plus croisé personne et ce pendant plusieurs heures. Une solitude appréciable, toute cette nature et cette mer à perte de vue, sous le soleil, rien que pour moi, mais j’avoue que je me suis quand même dit que, s’il m’arrivait quelque chose, on n’était pas près de me retrouver !

Certains endroits sont un peu « creepy », ils font un peu peur, à l’image de la plage de Cala Tramontana. On descend par un chemin raide et on arrive à plusieurs grottes entourées de sortes de stalactites rocheux. Il y avait beaucoup de déchets, des bouts de mur, et les falaises sont très hautes. Un vrai décor d’Halloween !

Je suis ensuite partie du côté de la Grotta del Genovese, une grotte renommée, notamment pour ses peintures préhistoriques. Le chemin toutefois était barré à partir d’un certain point, probablement parce que la grotte n’est pas ouverte à cette période et le chemin pas entretenu (ce n’est qu’une déduction, car il n’y avait pas d’explications sur place). J’ai continué au sud en direction de Pietre Varate – il y avait un panneau au départ mais le chemin n’en est pas vraiment un, c’est plutôt une trace au milieu des champs. Là, j’étais encore plus sûre que personne ne me retrouverait s’il m’arrivait quelque chose (lol). Ce chemin contourne par l’Ouest l’un des sommets de l’île, Pizzo Monaco. J’ai rejoint de cette façon la sublime plage del Faraglione. Avec son rocher détaché et son eau transparente, elle restera mon coup de cœur du jour et des vacances entières d’ailleurs.

Cala Faraglione
Cala Faraglione

Si vous empruntez ce chemin, notez qu’une fois arrivés au replat en pierre, avec les petits bâtiments-fontaines, le chemin se poursuit derrière la petite tour en ruines, descendant le long de la falaise.

De retour au village, je suis allée en direction de l’Est, jusqu’à deux autres plages : Cala Fredda, en forme de « V » et Cala Minnola, où l’on trouve également un grand parc arboré avec des tables de pique-nique.

Erice

Pour mon dernier jour de ce voyage en Sicile, je suis allée à Erice, un village perché sur sa montagne, du même nom : Monte Erice.

J’ai lu qu’autrefois, Trapani était le port d’Erice, qui était « la ville » de plus grande importance. Mais finalement, comme souvent, ce sont les lieux en plaine et plus facile d’accès, qui se sont développés, au détriment des villages perchés.

Porta Trapani : porte médiévale d'entrée à Erice
Porta Trapani

On entre dans Erice par la Porta Trapani, et, tout de suite sur la gauche, une rue vous emmène jusqu’au Duomo d’Erice. Les plafonds à l’intérieur sont finement ouvragés. Le clocher fait face à l’église.

On peut de là prendre un chemin qui longe les « mura ciclopiche » d’anciennes fortifications dont les plus anciennes pierres dateraient du 8ème siècle avant Jésus-Christ ! Elles ont été définies comme « cyclopiques » car si infranchissables que seul un cyclope aurait pu y parvenir… Le chemin permet d’arriver à la Porta Spada, aux églises de Sant’Orsola et Sant’Antonio puis à un ancien site militaire d’où la vue s’ouvre toute entière sur la côte.

Vue sur la tour espagnole et sur la mer depuis Erice
Vue sur la tour espagnole et la mer depuis Erice

Prendre ensuite la rue remontant au village vers le sud, pour découvrir, enfin, le cœur du village médiéval. Ses points forts résident surtout au sud, autour du beau Giardino del Balio, où se dresse la Toretta Pepoli, en contrebas et un grand château fort. On a des vues splendides sur le côté nord et sud d’Erice – vous apercevrez même Trapani et ses salines.

Torretta Pepoli, petit chateau en contrebas d'Erice
Torretta Pepoli

Suivez ensuite à votre guise les rues du village. Il y a des églises à tous les coins de rue. La Via Vittorio Emanuele reste l’artère principale, avec ses boutiques de souvenirs et ses restaurants. Ne partez pas sans avoir goûté les « genovesi », gâteaux typiques du village, fourrés à la crème pâtissière. Vous les trouverez notamment encore tièdes, juste croquantes, à la pâtisserie San Carlo, via Sales.

Une genovese : gateau typique d'Erice
La genovese d’Erice

Même si Erice jouit d’une certaine popularité auprès des touristes, le village semble largement déserté par les « vrais » habitants. De nombreux volets fermés, de nombreuses maisons à vendre !

Retour en France… par la Catalogne

Juste deux mots sur le retour. Il y a un aéroport à Trapani (Birgi) mais il est aussi très facile de reprendre l’avion à l’aéroport Falcone et Borsellino de Palerme. C’est ce que j’ai fait. J’ai emprunté un bus de la compagnie Segesta. Il part du port, passe devant la gare puis remonte la via G.B. Fardella. J’ai pu le prendre tout près de mon hébergement, au niveau du bar Caffé noir. En une heure, vous serez devant l’aéroport de Palerme !

Je suis rentrée en France en avion et bus, en passant par l’aéroport de Barcelone, avant de faire confiance à Flixbus pour la fin du trajet vers Perpignan !

Quelques bonnes adresses

Parce que je suis quasiment sûre que c’est aussi ce que vous cherchez en lisant cet article, voici quelques bonnes adresses testées pendant le voyage, en plus de celles citées plus haut.

Conclusions

C’est un article très dense que je vous ai proposé, mais j’avais à cœur de vous donner un maximum de détails afin que vous puissiez préparer au mieux votre voyage en Sicile, surtout si comme moi, vous ne souhaitez pas louer de voiture ! J’avais fait de même pour mon séjour en Algarve et cet article a toujours beaucoup de succès.

J’ai adoré ce voyage en train en Sicile, malgré la météo un peu capricieuse qui m’a parfois découragée… mais au final, toutes les activités que j’avais prévues ont pu se faire, et j’ai même eu de la place pour un peu d’improvisation.

cactus à Levanzo
cactus à Levanzo

Il est donc possible d’aller en Sicile sans avion, et de visiter la côte nord/ouest sans voiture, même si cela demande un peu d’organisation. J’ai été agréablement surprise par la fiabilité et la ponctualité des transports. Le seul bus qui a eu un peu de retard était celui pour Erice, et l’on parle de 10 minutes – tout à fait acceptable quand on est en vacances !

J’espère que cette lecture vous a plu… N’hésitez pas à laisser un commentaire si vous avez des questions, j’y répondrai avec plaisir !

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Partons à la découverte de l’Irpinia, dans le sud de l’Italie, une destination encore préservée, loin des foules, où passer des vacances ressourçantes et pleines de surprises…

Voyage à Matera et en Basilicate

Bienvenue à Matera, au coeur de la Basilicate, région surprenante du sud de l’Italie. En allant à la recherche de ses villes et villages cartes postales, on y respire comme un air de bout du monde, le genre d’endroit parfait pour rompre avec le quotidien et se retrouver avec soi-même.

Découvrir Gibellina en Sicile – musée d’art contemporain à ciel ouvert

Petit guide à la découverte de Gibellina, petite ville de Sicile endormie et pourtant véritable musée d’art contemporain à ciel ouvert. À ne pas manquer, le Cretto, oeuvre monumentale d’Alberto Burri, réalisée sur les ruines de la vieille ville, détruite par un séisme en 1968.

3 réponses à « La Sicile sans voiture : 10 jours entre Palerme et Trapani »

  1. […] de mon séjour en Sicile au printemps, un lieu m’a particulièrement touché : la petite ville de Gibellina (3600 […]

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  2. Merci pour cet article détaillé qui va je pense bien m’aider! Cassandre

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    1. Merci pour votre retour 🙂 et bon voyage en Sicile !

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